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ST JEAN LE VIEUX

délibère - 1790 1921

___
Abrégé des
délibérations

_________________
ANCIENNES
USINES A EAU
Volume 1
ST JEAN LE VIEUX
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Après avoir établi l'étymologie du toponyme « le Battoir » en retraçant l'histoire du moulin, nous proposons de tracer l'historique du bâti du hameau et son occupation, autrefois. Malheureusement les sources antérieures au 19ème siècle ne permettent pas de localiser précisément les familles, puisqu'il n'existe ni recensement, ni cadastre. Nous nous bornerons donc au 19ème.

Cependant, la lecture des minutes notariales du 17ème siècle indique la présence, sous Varey, d'un max appelé le mas d'Oysellon (ADA, 3E 1551,f°109 - 1669). Le mot « mas » est une variante régionale de mas, mes, meix etc... qui désignent une propriété rurale, une ferme, ou un groupe de foyers et qui devaient déjà se prononcer localement « mâ ». Les hameaux et le village de Saint Jean le Vieux comprenaient un ou plusieurs mas. Comme le « mas d'Oysellon » devait se situer près de l'Oiselon, on peut tangiblement supposer qu'il avoisinait le four actuel. Chaque mas disposait d'un four à pain, obligatoirement éloigné des chaumières par nécessité réglementaire et sécuritaire bien compréhensible. Il semblerait que les mas puissent être composés de plusieurs propriétaires. A noter que le four actuel a été réaménagé en s'appuyant sur des bâtiments postérieurs à 1827. Avant cette date il en existait déjà un au même emplacement, entouré au nord-est et à l'est par des vergers et des jardins répertoriés au cadastre napoléonien.
 
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Propriétaires mentionnés à l'état de section cadastral de 1827.

Le hameau était déjà traversé par un chemin qui menait de Varey à la forêt seigneuriale de Fayat, en passant par le masc de Cheminant. En 1826 les attelages et les bestiaux franchissaient encore l'Oiselon à gué. L'accès se faisait par deux pentes douces bloquées d'empierrements qui évitaient les ornières et le pétrissage du sol par les animaux. Les piétons utilisaient une « planche » en bois ou en pierre, composée soit d'un demi-tronc d'arbre similaire au dessin d'Antoine-Jean Duclaux à Hauterive dans le début du 19ème siècle, soit de deux longues pierres plates aboutées sur une petite pile centrale. Le pont en maçonnerie ne fut construit qu'au milieu du 19ème et élargi après 1960. De part et d'autre du ruisseau on remarque deux « îlots » de constructions dont nous allons faire l'historique des occupants durant près d'un siècle. Ils étaient quasiment tous vignerons ou cultivateurs de génération en génération. A la fin du siècle quelques jeunes filles seulement ont déclaré travailler à la soierie Bonnet de Jujurieux. Le vingtième siècle fut bien différent.

Pour ce qui concerne le bâti, le Cadastre a distingué principalement deux types de constructions : les maisons et les bâtiments ruraux ; nous reprendrons ces désignations. Les dates précédées de la lettre « R » sont des dates de recensement.
 
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Superposition des cadastres ancien et nouveau et repérage des constructions.
 

Maison N°1

Ensemble des constructions d'une exploitation agricole de la fin du 19ème et du début du 20ème siècle. L'habitation du nord-est est postérieure à R1872. Claude Fournier, Marie Gaubin et leurs enfants, Claude, Marie et Eugénie y habitaient en R1876. La date de 1875 gravée sur une pierre de cheminée pourrait indiquer la date de construction. Le long du chemin, l'habitation aménagée dans l'étable est contemporaine.

Maison N°2

Cette maison (2a + 2b) appartenait à Charles Berthaud de Varey en 1827.

La partie 2a échut à Jean François Berthaud, puis à Reine Sibuet (jamais mariée) en 1839, ensuite à son neveu Anthelme Sibuet en 1851. En 1858 cette partie fut acquise par la Veuve de Rambert Berthod qui rebâtit sur cette parcelle (source ADA). C'est probablement à cette époque que la partie nord fut ajoutée. Puis ce fut Charles Trolliet qui devint propriétaire en 1885 et enfin Anthelme Vial et sa femme, Eugénie Trolliet ainsi que leur fille Annette en 1910.

La partie 2b fut acquise en 1834 par Joseph Garon d'Hauterive qui habita dans cette demi-maison pendant quelques années seulement après son mariage avec Agathe Armand. Il fut ensuite recensé, avec sa femme et ses quatre enfants, chez ses beaux-parents (maison N°6) en 1846. Il conserva cependant la propriété de la maison 2b jusqu'en 1878, date de mutation au profit de son fils François. Pendant cette période, l'immeuble fut baillé, à Françoise Voile, veuve Berthaud, et sa fille Rose. En 1880, Jean-Marie Berthet acquit la partie 2b qui passa ensuite par héritage à François Mermet en 1907.

Maison N°3

Maison de Phillibert Bornex et de sa femme Marianne Mermet, puis par héritage à Jean-Marie Bornex en 1856 ; mais ce fut Françoise Bornex qui occupa le logement jusqu'en R1861 inclus. Une famille Gayet n'y est mentionnée qu'une seule fois en R1876. Après R1881, ce logement resta vacant. A partir de R1896, jusqu'en R1911 inclus, Jean-Baptiste Mignot et sa famille habitèrent cette maison.

Maison N°4

Héritée de son père Jean-Baptiste en 1811, cette maison est le berceau des descendants de Pierre Gobin : François jusqu'en R1891 et Jean Baptiste jusqu'en 1911.

Maison N°5

Cette maison minuscule qui appartenait à Phillibert Bornex en 1827 n'a apparemment jamais alimenté les recensements du 19ème. La parcelle fut bâtie au début du 20ème siècle et aménagée en habitation à la fin de cette même période.

Maison N°6

Elle appartenait en 1827 à Jean-Baptiste Armand, qui y demeure jusqu'à sa mort en 1840. Sa fille et son gendre, Joseph Garon, y logèrent alors leur famille à partir de cette date. Vétuste, le logement fut abandonné vers 1896, mais réhabilité vers le milieu du 20ème.

Maison N°7

Ponctuellement habitée à la fin du 19ème siècle et R1906 à R1911 par Jean-Marie Berthet originaire d'Ambronay, cette maison fut abandonnée et réhabilité après 1920.

Maison N°8

Logement occupé à partir de 1861 par les descendants de Joseph Orset : Jean Orset et sa famille entre R1866 et R1891 ; Eugénie Orset et son mari Ferdinand Trocon jusqu'en R1911.
Le centre du hameau vers 1910.

Maison N°9

Ce bâtiment contigu à la rivière appartenait à Anthelme Sibuet, fils du meunier, en 1827. De géométrie et dimensions différentes du bâtiment actuel (parcelle 3007), il semble y avoir eu reconstruction, ce que corroborerait la qualification de « maison neuve » en 1854 (ADA, 3E1747-N51). François Garon, qui l'habite en R1876, acquiert progressivement la totalité de cette propriété, en 1879, 1885 et enfin en 1892 (source ADA). Anthelme Sibuet était maître charpentier.

Maison N°10 (moulin avec logement)

Se reporter à l'article « Le moulin de Cheminant ».
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Le hameau vu de l'ouest – Au dessus du canotier, la cheminée de la machine à vapeur en service au moulin à la fin du 19ème siècle. Détail photo G.Alby.

Maison N°11

Maison de Lazare Gaubin, puis celle de sa fille Claudine mariée à Alexandre Drivet en 1816. Ce logement n'a plus été occupé depuis R1856 inclus. Il est pratiquement en l'état. Gaubin est la forme d'écriture la plus récente. On le trouve écrit antérieurement Gobin qui devait se prononcer Gaubin.

Maison N°12

Maison des époux Jean-Germain Janéaz et Anne Gaubin, fille de Jean-Baptiste, mariés en 1811. Vivaient également sous ce toit le fils, Jean Baptiste Janéaz, et sa femme Marguerite Sibuet, fille du meunier Anthelme Sibuet. A partir de R1876, la veuve Marguerite Sibuet vit seule avec ses domestiques. Cette habitation sera abandonnée pendant quelques années après la mort de sa propriétaire, en 1902.

Maison N°13

Maison de Jean-Baptiste Gobin et de sa femme Jeanne Bidal d'Hauterive, puis de Claude Gobin au décès de son père en 1809 (voir article le concernant). Puis Jean-Baptiste, fils de Claude ; Auguste, fils de Jean-Baptiste ; et Louise, fille d'Auguste jusqu'à son décès en 1973.

Maison N°14

Maison d'un peigneur de chanvre, André Gobin, célibataire, frère de Jean Baptiste. Après son décès, avant R1846, le logement reste inoccupé jusqu'à l'installation de la famille de François Mermet avant R1872, lequel y est encore recensé en 1911.

Maison N°15

Maison Guillermin isolée, sous le canal, sans doute déjà en ruines en 1827, inoccupée ensuite et probablement rasée pour réemploi des matériaux. Il n'en reste aucune trace visible.

Rouissoirs

Les deux carrés bleus marqués « R » représentent deux petites parcelles répertoriées comme routoirs, appellation locale pour les rouissoirs à chanvre. Un ru encore actif l'alimentait.
Cinq autres rouissoirs, plus importants, se situaient en rive droite du canal d'amenée des anciens moulins de St Jean le Vieux, quelques dizaines de mètres en aval de la prise d'eau, au lieu dit en l'Illette. L'un d'eux était en indivision entre Jean-Baptiste Gaubin et François Garon, habitants « du Battoir de Varey », qui passèrent un accord d'usage en 1909. Cette convention précise que ce « ritoir » a été cédé à un Sieur Berthod par Jacques de Beaurepaire, baron de Varey, suivant un acte passé chez Maître Gorraty le 18 octobre 1745.

Bâtiments ruraux N°3 et 4

Ils étaient séparés d'un jardin en 1827.

 
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L'ancien lavoir du Battoir vers 1895– Détail photo G. Alby

Un lavoir côtoyait le bord de l'Oiselon, à la jonction du chemin de Cheminant et la route de l'Abergement-de-Varey. A proximité se tenait un travail à ferrer, encore en état dans les années 1960. Quant au lavoir, les manques d'eau de la rivière en période estivale ont participé à la décision de construire un nouveau lavoir, celui appelé « la Platte », au bord du canal, en 1907. L'eau apportée par la source du Tilleul, étant abondante et de bonne qualité, on utilisait déjà l'emplacement vers 1900, comme en témoigne une photo d'époque.
 
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La Platte avant 1907.
 

Sources :

Archives départementales de l'Ain (noté ADA dans le texte) et archives communales.

Remerciements :

Mairie de Saint Jean le Vieux pour l'accès aux archives communales.
Madame Danielle Jeanton pour quelques précisions concernant son quartier..

Date de création : 26/09/2012 @ 17:57
Dernière modification : 09/09/2013 @ 17:18
Catégorie : CONTENU - CHRONIQUES
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