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CHARLES DEMIA
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Il existe plusieurs manières d’accéder au hameau de Sècheron :
  • depuis Saint-Jean-le-Vieux, au Pont du Riez, prendre le Chemin du Riez, appelé autrefois le Vieux Chemin(1) ;
  • au départ de Jujurieux directement par la descente rapide du château des Echelles et le franchissement du Riez par le pont en maçonnerie ;
  • enfin depuis Varey par Champollon.
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Château des Echelles de Jujurieux, tout proche de Sècheron

Il n'a pas été possible de déterminer de manière vraiment probante l'origine de ce toponyme.

Sècheron pourrait être issu du patronyme dérivé de l´anthroponyme Sècheron signifiant « personnage très maigre » qui aurait donné son nom aux lieux qu'il occupait. Plus probablement, Sècheron pourrait aussi désigner un endroit sec bien exposé ou une prairie sèche, ou encore un cours d'eau qui s'assèche périodiquement. Le hameau de Sècheron n'est pas particulièrement un lieu sec, bien qu'il possède un coteau très bien orienté, situé à l'ouest du chemin de Varey, longtemps planté de vigne. En outre, aux dires de plusieurs anciens habitants, le Riez a parfois des étiages tellement sévères que l'eau disparaît pendant quelques temps.

Sècheron est attesté depuis 1355-1357 dans les comptes savoyards de Varey qui mentionnent les dépenses affectées à la reconstruction du moulin brûlé par les dauphinois lors de la guerre de Hugues, comte de Genève, et le curage du bief suite aux intempéries. Le hameau s'est probablement formé autour du moulin seigneurial originel. Une convention entre Philippe Guiot Gamoy et Francois Vicaire dit Caillon, dressée au mas de Secheron par Maître Fornier le 23 avril 1670, est à l'origine de la création de la petite rue appelée aujourd'hui Chemin du Bief.

Les Vicaire

Habitant Varey au 16ème siècle, les Vicaire s'installent à Sècheron à partir du 17ème siècle. Ce sont de riches marchands. En 1691 Anthoine et François-Catherine achètent l'office de commis du greffier des tailles de la paroisse de St Jean le Vieux que détenait Messire Corisante de Moyriat, chevalier et comte de Châtillon de Corneille. Viennent ensuite Claude, châtelain de la baronnie de Varey, et son frère Claude Joseph notaire à Saint Vulbas. Claude va finir sa vie au clos de la Jayette à Jujurieux, après 1783. Il y meurt sans héritier mâle en 1788. Le partage définitif(2) entre ses trois filles ne se fait qu'en 1791, dans l'ancienne demeure familiale que leur oncle, Claude Joseph, a conservée. Suzanne hérite de l'argent et des dettes de son père ; elle est la femme de Victor Dubreuil marchand papetier de Préau. Françoise, mariée à Pierre Grosclaude de Versailleux, reçoit le domaine de Barberousse. Marie, épouse de Charles Dubois marchand à Poncin, se voit lotie de la Jayette. A ces deux derniers lots sont adjoints divers fonds. Chacun des trois lots atteint une valeur de 12 000 livres. Claude Joseph possède encore en 1827 les propriétés de Sècheron qui lui avaient échu. Ses biens se composent de bâtiments avec habitation, vergers, terre, bois de châtaigniers et surtout le vignoble qui constitue l'essentiel des revenus de cet héritage, car les vignes couvrent presque la totalité du coteau cité plus haut. Si les Vicaire tiennent un rôle important dans la vie locale durant l'Ancien Régime, on remarque deux célébrités parmi les descendants de Claude Joseph :
  • Louis-Henry Vicaire (1802-1865), petit-fils, qui fait carrière au Ministère de l'Agriculture il se distingue pour ses nombreux travaux sur la forêt et le reboisement ; membre du jury de l'exposition Universelle de 1855 ; Il accède aux hautes fonctions de Directeur Général des Forêts de France en 1860 et est élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur(3).
  • Louis Gabriel Charles (dit Gabriel) Vicaire (1848-1900), arrière petit-fils, avocat, mais attiré depuis son enfance par la poésie, il délaisse la robe pour publier sa poésie à partir de 1868. Le prix Archon-Despérouses de l'Académie Française lui est attribué en 1890 pour ses Emaux Bressans.
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Gabriel Vicaire
 

Le tour du hameau

 
Au carrefour entre le chemin montant à Varey et celui conduisant dans les bois du Gorget à l'est, figure sur l'ancien cadastre un calvaire aujourd'hui disparu. D'après l'ancien notaire de Saint-Jean-le-Vieux, Marius Bolache, cette croix en fonte scellée sur une stèle en pierre de forme rectangulaire portait la gravure « Croix de la famille Mermet »(4). Un autre monument plus récent se dresse au carrefour du Chemin du Riez et du Chemin du Bief. Sur sa base est gravé l’épitaphe :
 
MONUMENT ELEVE AU
NOM DE LA FAMILLE GUYOT
1861
M F

Ce calvaire fut probablement érigé en mémoire des nombreux décès qui affligèrent la famille de Marie Fournier, veuve Guyot : une fille de 11 ans en 1837, son mari Jean-François Guyot de 53 ans en 1846, une autre fille de 13 ans en 1850, et enfin deux fils de 30 ans, en 1851 et 1859.
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Depuis le pont sur le Riez on aperçoit en contre bas, dans le lit de la rivière un escalier de pierre muni d'une main courante en fer qui servaient aux lavandières.

A droite, une importante bâtisse, N°1, avec ses nombreuses dépendances a été construite vers 1880 dans un verger qui a appartenu aux Maupetit, famille de négociants lyonnais, ascendants d'Amédée Maupetit(5). Le bâtisseur de cette belle demeure semble avoir été François Hippolyte Charlet de Lyon. Elle fut vendue en 1901 à Claudius Pelin, originaire de Cerdon, qui l'a occupée en temps que cultivateur avec sa femme Mariette Sibuet, veuve en 1886 de Joseph Marie Sibuet (le meunier), remariée en 1890.
 
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Anciennes maisons Janet
Côté gauche du chemin de Champollon, après le pont, se tenait les deux jardins suivis des habitations des Janet. Antoine(1758-1833), le meunier, habitait la maison N°3. Ses descendants la conservèrent jusqu'à Mlle Marie Louise Grosclaude dit Galand qui décédèrent à Lyon en 1966. Certaines ouvertures sont typiques de l'époque 18ème siècle. Joseph Janet, neveu d'Antoine, puis ses descendants occupèrent la maison N°4 et bâtiment rural N°2.

En face, le moulin, N°5, appartenait à Mr Dervieu de Varey au début du 19ème. Il fut vendu à Anthelme Sibuet et Marie Decombe en 1841. Le fils Joseph Marie et sa femme Mariette Sibuet poursuivirent l'activité. Après le décès prématuré de Joseph, Mariette s'est vue contrainte de vendre en 1887 l'établissement à Marius Etienne Alliod, qui privilégia la scierie. A maintes reprises cet ensemble a subi de profondes transformations. Aujourd'hui Il n'y a guère plus qu'une partie de hangar rappelant l'ancienne scierie, visible depuis le chemin en façade nord.

Plus loin à gauche, reste le support amont de l'ancienne bachasse(6) dont les eaux sont canalisées sous le chemin. Au delà des jardins à droite se trouve un pré : Il s'agit de l'ancien emplacement des maisons Vicaire, N°13, et Guyot, N°12. Ces deux familles habitaient Sècheron depuis le 17ème siècle et sans doute bien avant pour les Guyot. Les bâtiments Vicaire furent détruits en 1842. Le bâtiment rural N°6 et la maison N°12 étaient propriété de Jean Baptiste Guyot en 1827 ; Cette dernière passa à Claude Joseph Pittion en 1856, puis Marin Baptiste Muret en 1862, puis Durin en 1876. Y habitèrent aussi les Pithioud et les Dauvise. En ruine, elle fut démolie en 1970.

Les constructions près du canal, N° 7, 8 et 9, ont appartenu à Jean François Guyot puis ses descendants : une autre branche Guyot.

La famille Vinoche a occupé les bâtiments et maisons N°10, 11 et 14, où l'on peut repérer quelques pierres ouvragées au 18ème, puis recyclées dans la bâtisse N°11.

En dehors de l'activité du moulin(7), la plupart de ces habitants vivaient de la terre et quelques uns de la soie, à partir du milieu du siècle, œuvrant soit à l'usine Bonnet de Jujurieux, soit à leur domicile. On a aussi compté parmi eux les derniers peigneurs de chanvre, Marin Muret et son ouvrier vers 1856, ainsi que les garde-forestiers Bardet et Boulagnon, à la fin du siècle.

(1) - Attestation de 1670 (Archives départementales de l 'Ain, 3E 1552-f°73).
(2) - Archives départementales de l 'Ain-3E2016-3 janvier.
(3) - M. Vicaire, notice biographique, M.G. Serval, Revue des Eaux et Forêts, Paris, 1866.
(4) - Echo Paroissial, mars 1908.
(5) - Erudit et notable local (Lyon 1848 - Jujurieux 1918) ayant hérité du château des Echelles de Jujurieux.
(6) - Canal de bois puis de tôle, en élévation, permettant l'amenée de l'eau en partie supérieure de la roue d'un moulin.
(7) - Voir l' Histoire du Moulin de Sècheron et son Canal et Le lieu-dit Sècheron , par Marius Alliod;
         ainsi que : Jujurieux et les environs, Georges Merlin, Imp. Berthod, Bourg, 1966.

Autres sources : Matrices cadastrales de la Commune de Saint Jean le Vieux entre 1827 et 1912.

Date de création : 06/02/2013 @ 10:41
Dernière modification : 09/09/2013 @ 17:18
Catégorie : CONTENU - CHRONIQUES
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