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DES SOUVENIRS
de Maurice TOQUET
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Après l'avènement du système décimal, plusieurs auteurs ont répertorié les anciennes mesures en usage dans le département de l'Ain, et donné leur équivalence. Le travail le plus complet est certainement celui de Mamert Jarrin, ingénieur du Cadastre, réalisé à partir d'une enquête auprès des maires. Nous en avons extrait les éléments qui intéressent notre région du Bugey et les avons complété par d'autres tirés de deux autres publications citées en bas de page. A partir de là, même si les écarts d'un village à l'autre sont parfois importants, il devient possible de quantifier de manière suffisamment précise les données rencontrées au hasard de la lecture des papiers anciens.
D'après Mamert Jarrin, on utilisait dans le canton de Poncin :
  • pour les longueurs : la toise de 6 pieds et l'aune de Paris ;
  • pour les surfaces : l'arpent de France (51 a 07 ca), journal* et seytive, bichette* et ouvrée ;
  • pour le grain : bichette et mesure ;
  • pour le bois de chauffage : le moule marchand de ¼ de pied et demi, ou le moule de 26 fagots ;
  • pour les poids : la livre, le poids de marc et la livre de Lyon.
* utilisée aussi dans le canton de St Rambert.
Nous avons noté que, dans les "prisfaits" de la fin du XVIIe siècle, les maçons utilisent la toise (toise-cube) de 8 pieds de Roy (1 pied de Roy = 324,8 mm) pour métrer les volumes des maçonneries.

Suit un tableau plus complet des unités utilisées localement avec leurs équivalences et les sources.
 
Type de mesure
Dénomination
Équivalence
Source
Longueurs
Ligne
Pouce
Pied
Toise de 6 pieds (utilisée dans le canton de Poncin)
Compas de 5 pieds
Perche de 9 pieds
Perche de 9 ½ pieds
Perche de 18 pieds
Perche de 22 pieds
Lieue commune ou lieue de 25 au degré
Lieue de poste
Aune de Paris
Aune de Bourg
2,25 millimètres
2,70 centimètres
0,324 mètre
1,95 mètre
1,624 mètre
2,925 mètres
3,086 mètres
5,847 mètres
7,146 mètres
4445 mètres
3898 mètres
1,188 mètres
1,162 mètres
(2)
(2)
(1)
(2)
(1)
(1)
(1)
(1)
(1)
(3)
(3)
(2)
(2)
Agraires ou de surfaces
Ambérieu-en-Bugey :
Journal ou seytive
Mesure de terre ou bicherée
Ouvrée ou fossurée de vigne
Ambronay, Douvre, l'Abergement, St-Jean-le-Vieux :
Journal ou seytive
Mesure de terre ou bicherée
Ouvrée ou fossurée de vigne
Cerdon, Jujurieux, Mérignat, Poncin, St Jérôme :
Journal ou seytive, setorée, sytorée (aire qu'un homme peut faucher en 1 jour)
Mesure de terre ou bicherée
Ouvrée ou fossurée de vigne, soit ½ bichette
Mesure de terre adoptée par le cadastre lorsque la mesure de grain est du poids de 30 à 31 livres :
Ambérieu :
Nantua :
Canton de Poncin :
Bichette (de semailles), soit 1/3 de journal
 
Notaire Laporte (St Jean le Vieux) en 1826 :
Seytive
Mesure
 
Bois de Châtaignier : Bateure ou Bature
 -
28 a 70 ca
5 a 78 ca
3 a 16 ca
 -
49 a 23 ca
8 a 20 ca
4 a 10 ca
  -
22 a 79 ca
7 a 60 ca
3 a 80 ca

-
-
7 a 90 ca
7 a 22 ca
 
7 a 60 ca
 -
 -
28 a
  7 a
-
?

 
-
(1) et (2)
(1)
(1)
-
(1) et (2)
(1)
(1)
-
(1) et (2)
(1)
(1)
-
-
-
(2)
(2)
-
(2) et (3)
-
-
(6)
(6)
-
(7)

 
Liquides 
Ambérieu-en-Bugey :
Pot
Setier
Mâconnaise
Asnée
Ambronay :
Tonneau
Mâconnaise
Asnée
Setier
Bouteille
Pont-d'Ain :
Mâconnaise
Tonneau
Lampe
Bouteille
Poncin :
Baril
Asnée
Pot
Jujurieux
Pot
 -
1,08 litre
54,34 litres
190,19 litres
84,52 litres
-
264,40
185,08 litres
105,76 litres
52,88 litres
0,98 litre
-
218,99 litres
238,03 litres
1,64 litre
0,95 litre
-
34,34 litres
137,36 litres
1,43 litre
-
1,32 litre
-
(2)
(2)
(2)
(3)
-
(2)
(2)
(2)
(2)
(2)
-
(2)
(2)
(2)
(2)
-
(2)
(2)
(2)
-
(2)
Grains
Bichet d'Ambérieu
Bichette d'Ambérieu et d'Ambronay
Bichette de Poncin
Mesure de St Jérôme
Picotin de Pont d'Ain
Mine (N. m. - Mesure la farine ou le grain)

Coupe

Coupon ou copon
   
Douzain
         
Novesne ou Novaine
2 dal 40
1 dal 91
1 dal 87
2 dal 01
0 dal 74
½ setier
-
½ bichette
-
½ coupe
-
1/12 de coupe
-
9 coupes
(2)
(2)
(2)
(2)
(2)
(5)
-
(8)
-
(8)
-
(9)
-
(L.Godefroy)
Bois de chauffage
Moule de 4 pieds d'Ambérieu, Ambronay, Poncin, St Rambert ...
2,19 stères
(2)
Poids
Grain
Gros
Once
Livre
Livre de Lyon (Ambronay, Poncin)
Quintal
0,053 g
3,82 g
30,6 g
489,6 g
428,3 g
100 livres
(2)
(2)
(2)
(2)
(3)
(1) Tables des rapports des anciennes mesures agraires avec les nouvelles, F. Gattey, 3ème édition, Michaud frères imprimeurs à Paris, 1812 .
Les anciennes mesures locales du Centre-Est d'après les tables de conversion, Pierre Charbonnier, Presse Universitaire Blaise Pascal.
(2) Manuel pratique des poids et mesures du département de l'Ain, Mamert Jarrin, imprimerie Bottier à Bourg, 1820 .
(3) Statistiques de la France - Département de l'Ain, M. Bossi, Testu imprimeur à Paris, 1808.
(5) Encyclopédie Méthodique-Arts et métiers mécaniques, Tome 5, Panckroucke, Paris, 1787.
(6) Archives départementales de l'Ain, 3E 1719.
(7) Minutes des notaires du 17ème siècle.
(8) Dictionnaire étymologique du patois lyonnais, Clair Tisseur, Collectif.
(9) L'usage des pays de Bresse, Bugey, Gex et Valromey, Charles Revel.

Pour Saint-Jean-le-Vieux

Le 28 février 1791, la municipalité donne au district de Saint-Rambert des informations relatives au commerce local  :

  • La commune ne possède pas d’étalon pour la mesure du vin ;
  • L’ânée est composée de 4 barils ;
  • Le baril de 24 pots ;
  • Le pot pèse deux livres et 15 onces poids de marc.
  • La mesure est la même que celle de Poncin qui pèse 28 à 30 livres de bled froment
  • L’aune est le même que celui de Lyon qui porte 44 pouces l’aune pied de Roy ;
  • Les poids en usage sont ceux de Marc.

Pour les liquides et les grains, il s'établit une bonne cohérence avec les valeurs données par le tableau ci-dessus, en prenant la livre à 489,6 g.

Source : Archives municipales de la commune de Saint-Jean-le-Vieux, série D, cote 1.

Mesurage des châtaigneraies-Signification de l’expression : « un bois de châtaignier d’une contenuë de deux bateures » ?

Généralement, la contenuë exprimait la quantité de grains nécessaire aux semailles d’une terre, ou encore une étendue susceptible d’être travaillée en une journée. Dans notre cas, c’est la seconde option qui est la bonne. Les mots bateure, ou bature, exprimaient l’action de battre, frapper (Dic. du Moyen Français). La technique manuelle de récolte consiste encore de nos jours à battre le sous-bois, pour rechercher les bogues et à les ouvrir à l’aide d’un bâton à l’extrémité fourchue, puis à écarter les débris et les feuilles pour collecter les graines. Le mûrissement et la chute étant progressifs, les battues du sous-bois s’étalent sur une période de trois semaines environ. Dans l’esprit de ce qui vient d’être exposé, la bateure désignait donc logiquement la quantité de châtaignes susceptible d’être récoltées par un humain en une journée de travail. Des statistiques récentes indiquent que cette méthode de collecte manuelle permet de ramasser une quantité variant entre 80 et 150 kg de châtaignes par jour. Cette charge pouvait donc être facilement rapportée à la ferme sur un âne bâté, en fin de journée. Jadis la production des châtaignes était conséquente dans le Bugey. Dans son cours d’agriculture, au chapitre « Châtaigne, châtaignier », Tome troisième, de 1784, François Rozier dit : « Si nous parcourons le pays des montagnes du troisième ordre, nous trouverons dans les Vosges des marrons excellens ; à Aubonne, sur la chaîne des Monts-Jura en Franche-Comté, des marrons estimés, & dont il se fait un gros commerce ; les montagnes du Bugey offrent les mêmes productions. ». Voir également dans l’Explication des statuts de Bresse, Bugey, etc. où Ph. Collet, livre III, section I, décrit, pages 72 et suivantes, la complexité des anciennes mesures locales.



Date de création : 25/06/2013 @ 10:22
Dernière modification : 07/09/2018 @ 09:14
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