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ST JEAN LE VIEUX

délibère - 1790 1921

___
Abrégé des
délibérations

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ANCIENNES
USINES A EAU
Volume 1
ST JEAN LE VIEUX
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En 1552, Guillaume Paradin(1) précise dans son ouvrage "Cronique de Savoye", que préalablement à la bataille de Varey en 1325, les alliés du comte de Genève, dauphinois compris, se sont regroupés à "la mire d'Ambronay". Quel en était donc l'emplacement et sa caractérisation ?

 
cronique_savoye.jpg

"La Mire" est un nom de lieu encore en usage à la fin du 19ème. On le situait à la limite des territoires d'Hauterive et d'Ambronay(2). Par contre un lieu-dit nommé "sous la Mire", est encore utilisé. La préposition de lieu qui le précède implique que "la Mire" se trouve en contre-haut.  "Sous la Mire" se situe au Nord-Ouest du lieu dit "sur le Mollard", ancienne terrasse alluviale de l'Ain(3), détruite par l'exploitation de la carrière Vicat. Ces talus de 3 à 4 mètres de hauteur, parfois davantage, sont appelés localement des mates.

 
panorama_le_mollard.jpg
Vue panoramique vers l'Est et le Sud, au lieu-dit "sur le Mollard", d'où il est possible de s'orienter vers les châteaux et bâties du 14ème siècle. Photo de l'auteur.


"Sur le Mollard"(4) désignait, avant son creusement, un emplacement légèrement plus haut, dominant la plaine, avec une vue quasiment à 360 degrés sur les monts environnants. Les emplacements désignés par "le Mollard" et "sous la Mire", sont séparés par l'ancien chemin médiéval d'Ambronay tendant en direction du gué de Pont-d'Ain.

 
 
la_mire.jpg
Extrait de carte de l'état major du 19ème siècle où figure encore le talus ou "mate"


Une référence en la matière, Toponymie Générale de la France, d'Ernest Nègre, révèle que généralement "la Mire" désigne un emplacement élevé, bien en vue, où l'on voit au loin. Mire équivaut en langue d'Oïl, à l'impératif "regarde!". "La Mire" et "sur le Mollard" seraient donc le même emplacement, leur caractérisation correspondant parfaitement à leurs dénominations, prises à deux époques différentes.

Ainsi, la "mire d'Ambronay" évoquée par Pardin dans son récit de la bataille de Varey, serait bien située aux confins d'Ambronay et de Saint-Jean-le-Vieux, sur un point élevé, au sud des Agneloux, lieu dont la mémoire collective a conservé la trace dans le micro-toponyme "sous la Mire". L'emplacement était bien choisi par les armées du comte de Genève, du seigneur de Faucigny et de Gex, qui se regroupèrent à la Mire, point d'observation stratégique avant la bataille.

Moins d'un siècle plus tard, la Savoie ayant enfin réalisé la jonction de ses territoires de Bresse et du Bugey, le Comte Amédée VIII décida d'établir vers 1411, en ce même lieu de "la Miria d'Ambronay", une garenne(5) de lièvres. Pour en marquer les limites, il ordonna au châtelain de Pont-d'Ain, Claude de Saix, de faire confectionner 9 croix(6), sans doute des croix héraldiques de la Maison de Savoie, comme parfois précisé en d'autres occasions.


(1) Guillaume Paradin : historien né à Cuiseaux vers 1510, décédé à Beaujeu le 16 juillet 1590.
(2) AD01, sous-série 3E, cote 1700, f°66 - Année 1799.
(3) Ce talus est très bien représenté sur la carte de l'état major du 19ème siècle.
(4) Voir par exemple :

- Essai de toponymie, Henri Jaccard, Georges Bridel & Cie éditeurs, Lausanne, 1906.
-
Noms de lieux de l 'Ain, Anne-Marie Vurpas, Claude Michel, éditions Benneton, 1999.
(5) Terme de droit féodal : terrain où les seigneurs se réservaient le droit de chasse et de pêche.
(6) Inventaire des Archives départementales de Côte d'Or antérieures à 1790 - Série B - N°9077.


 

Date de création : 10/03/2014 @ 14:38
Dernière modification : 11/06/2014 @ 07:49
Catégorie : CONTENU - CHRONIQUES
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