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ST JEAN LE VIEUX

Abrégé des
délibérations

 1790-1921

_________________
ANCIENNES
USINES A EAU
Volume 1
ST JEAN LE VIEUX
PatcouvertureVol1.jpg
________________
EXPO
La Justice dans l'Ain

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moulin-hauterive.jpg

C'est le dernier moulin à farine sur le cours de l'Oiselon. Les eaux ne lui sont pas restituées, mais dirigées vers un nouveau canpal appelé « canal des Agneloux ». A l'origine cet exutoire irriguait les prairies de l'abbé d'Ambronay et du seigneur de Varey situées aux Agneloux où l'eau s'infiltrait. Il fut prolongé plus tard vers l'ouest, mais ce n'est qu'en 1850 que François Jolivet eut l'idée d'utiliser son énergie. Un des anciens propriétaires du moulin d'Hauterive, Bernard Henri Rey indique, en 1841 dans la demande d'autorisation1 pour reconstruire le barrage de la prise d'eau des Combettes, que la concession du droit d'eau daterait du début du 15ème siècle. Les nouvelles vannes étant réalisées en acier, la « tourne » prit le nom de « Gouille Ferrée ». Le canal d'amenée au moulin, d'une longueur de 1000 m environ pour une pente de 4 à 5 millimètres par mètre, confère une chute finale de 4 mètres environ, ce qui permet d'alimenter la roue « par dessus » et développer une puissance variable jusqu'à 8 chevaux.
 
La consistance de l'ancien moulin n'est appréciable qu'à travers les descriptions données dans les baux et les actes d'état conservés en minute chez les notaires durant les quatre derniers siècles. On peut imaginer des installations assez sommaires, pas toujours bien entretenues, et se limitant, avant la seconde moitié du 19ème siècle, à deux roues et leurs transmissions, une paire de meules, leur système de levage et un battoir. Ensuite, la famille Sibuet passa au moulin à l'anglaise, avec trois paires de meules dont le beffroi est encore visible. Puis vinrent les machines à cylindres et enfin l'arrêt des activités dans le début des années 1990. Voici donc la chronologie des possesseurs du moulin d'Hauterive, de leurs meuniers connus, ainsi que quelques éléments descriptifs de l' « usine » et ses « artifices », entre le 17ème et le 20ème siècle.

Les Lyobard

ancienne_saulaie.jpg
Ancienne saulaie et départ du canal des Agneloux

Vers 1425, le châtelain de Pont-d'Ain, Claude de Saix « aberge »2 à Jean Lyobard de Pont-d'Ain, secrétaire du duc de Savoie, l'Oisellon et le Riez avec faculté d'en disposer pour l'irrigation de ses prés, moyennant un servis annuel de 4 deniers3 . La prise d'eau des Combes ou Combettes daterait également de cette époque d'après Jean Rey, propriétaire en 1841.

Il n'est donc pas surprenant qu'en 1602, Hercule de Lyobard, seigneur du Chastelard de Lhuire, baron de Bussy et de Brion, descendant de Jean, dispose à Hauterive d'un moulin à farine, mais également d'un battoir4. Son fermier général est Natoire Decroso, notaire de Pont-d'Ain. Fin décembre 1618 le censitaire pour trois ans est Claude Desvignes dit Gonin Monier. Il a pour caution son beau frère, Natoire Guiot Gamoz de Sècheron. Le payement du loyer se fait en nature de bled et chanvre, livrés pour les fêtes de Noël5.

Hercule de Lyobard est toujours propriétaire en 1625, puisqu'il passe un accord avec Adrien du Louvat, seigneur de Champollon, dont les fermiers détournent inconsidérément l'eau du canal pour arroser leur pré de Buiset situé en aval de Sècheron6. L'eau ne rejoignant plus l'Oiselon à la Planche Bouvet, le moulin d'Hauterive se trouve périodiquement privé de l'apport complémentaire qui lui est normalement destiné. Maître Benoît Desvignes, praticien d'Hauterive, est censier des Moulin et battoir en 1628. La roue et le rouet sont hors d'usage et le fermier et ses meuniers demandent le 17 janvier un rabais au seigneur du Châtelard, ainsi que de faire effectuer les réparations qui s'imposent.

Famille de Mongrillet

Claudine Desvignes, fille de Maître Benoît Desvignes, avait épousé François de Montgrillet7, écuyer, seigneur de Palamin, conseiller, ingénieur et géographe de Louis XIII. A leur décès, Jean François est mineur : il hérite des titres et des biens de son père, que va régir Maître Benoît Desvignes, grand-père et tuteur de l'enfant. Mais cet aïeul décède en 1631. Jean François, son héritier universel, verra ensuite gérer ses affaires par Claude Bricard, bourgeois de Pont-d'Ain, jusqu'à sa majorité. Ce double héritage comprend du foncier, la maison, le moulin et le battoir dont la transmission par les Lyobard reste obscure.
On situe la maison de noble Jean-François de Montgrillet au nord de l'ancien pré des Sergatières, entre la petite place actuelle nommée « la Culaz » et l'angle de la rue des Vieux Lavoirs, face à la maison actuelle des derniers meuniers. Cette belle propriété avec galerie à l'étage, ses cours, ses dépendances, le four et les écuries du moulin du même coté, le moulin et la maison du meunier de l'autre. Pendant sa jeunesse passée à guerroyer pour le Roi de France, le maître n'occupe sa demeure qu'occasionnellement. C'est un jeune homme particulièrement audacieux durant la Guerre de Trente Ans : il est volontaire au Régiment de Val d'Isère, au siège de Fontarabie en 1638, et à celui de Salses en 1639, ensuite enseigne de la Compagnie du Marquis de Saint-Martin au Régiment Royal Catalan8.
Le premier février 1642, il amodie9 tous les biens venant de son grand-père, à Honnête François Clerc et à Honnête Pierre Calliez marchands de Pont-d'Ain, pour la somme annuelle de 400 livres. Il se réserve cependant une vigne de trois fossurées, située au lieu-dit « la Ville » à Hauterive, trois pièces dans sa maison du coté du soir, avec l'entrée par le jardin, plus le moulin et son battoir. En 1645 il est contraint de faire réparer le pont dit de la Palud10 sur l'eschey11 de Sècheron dont les pierres de taille sont souvent précipitées dans le cours d'eau, forment barrage, l'eau s'en trouvant détournée vers le grand chemin public... C'est Maître Devaux, praticien d'Hauterive, qui est chargé de faire remettre de la terre et des graviers pour une réparation plus durable. Il menace de poursuivre ceux qui ont rompu le pont deux fois en six semaines. Adrien Fornier, vice-curial de Varey, et le prêtre de Villette, sont requis comme témoins.
Alors que le Sieur de Palamin est majeur depuis plusieurs années, ce n'est qu'en novembre 1646 que lui est transmise en son nom propre l'obligation de 556 livres 6 sols consentie par son tuteur à Noble Charles-Emannuel de Bouveret, seigneur de Saint Jullien. Il se marie le 22 octobre 1647 à Marie Aurore de Montespin qui décède sans enfant. D'une seconde épouse, Marie de Montferrand, il a deux filles : Catherine née vers 1651 et Marie Anne vers 1660.
ventilerie.jpg
La vantellerie : vannes "pelle" servant à la distribution de l'eau arrivant au moulin
Le 20 février 1647, il amodie à François Fornier natif de Coutelieu et habitant Hauterive avec sa femme, Claudine Armand dit Gallion, « le moulin à bled et le battoir avec leurs couver et discouver d'eaux, rouages et artifices d'iceux, bien molland et battant », pour six années, moyennant le prix annuel de 180 livres tournois12. Les installations comportent une barteloire (blutoir frappé) et deux sas de peu de valeur, un coffre à blé de mouture de la contenance de soixante bichettes. Il est spécifié que la corde de levage des meules est neuve, ce qui est important, de par son prix et pour la sécurité. Le battoir comprend une conche. Mais les admodiateurs ne règlent pas les sommes dues, leurs biens sont hypothéqués au profit du Sieur de Palamin, et une nouvelle cense est consentie à Honnête Benoît Maza demeurant à Hauterive, le 30 août 165013. Le 25 avril 1655 les moulin et battoir d'Hauterive sont subascencés aux frères Bataillard d'Oussiat : Benoît et sa femme Clauda Ballet, Philibert et Pierre, moyennant le prix de 180 livres tournois, y compris la maison et grange appelées « la maison du meunier »14. Jean-François de Montgrillet achète le moulin de Château-Gaillard à Jean-Claude Chifflet, maître charpentier de Boyeux, le 12 juillet 1655 pour 700 livres15. Cette opération le conduit à un endettement total de près de 300 livres : le 14 mars 1656, une obligation est créée « au proffit du dict Sr Péronnet par Jean-François de Montgrillet, escuver, seigneur de Pallamin, de la somme de deux cent livres, en datte du quatorziesme mars mil six cent cinquante et six, receue et signée par Mtre Grumel, avec deux solvis de l'aultre costé d'icelle, l'un, de la somme de quarante et quatre livres, et l'aultre de cinquante et trois livres et douze solz, signez par ledict sr Péronnet » (Annales de la Société d'émulation, agriculture, lettres et arts de l'Ain – Bourg – 1868-1973). Inversement, Jean-Claude Chifflet, prend à cense pour quatre ans, l'établissement d'Hauterive à compter du 23 janvier 165716, pour 215 livres tournois annuels et deux bichettes de pois, mesure de Varey. En outre il doit maintenir en état la « torne », c'est à dire la prise d'eau ou « tourne », située aux Combes Bachod, ainsi que le pont de la palud (= marécage) après que le propriétaire aura fait les réparations nécessaires. Ce pont se situe sur le canal entre Sècheron et la Planche Bouvet.
Trois ans plus tard, changement d'exploitant et de stratégie : une convention est passée avec l'ancien emphytéote Benoist Bataillard, qui exploitera le moulin et le battoir moyennant gage et salaire du huitième des denrées traitées. Comme par le passé, Bataillard jouira de la maison dite du meunier et de la grange17. Ce système difficile à mettre en œuvre atteint sans doute ses limites en 1660, lorsqu'on recourt de nouveau à la cense traditionnelle18 avec le paiement en denrées. Des réparations sont à envisager...
L'an mil six cents soixante et le
premier jour du mois d'avril après midy
par devant moy notaire tabellion royal
soubsigné, et en présence des tesmoins
cy bas nommés, estably et constitué en
personne Noble Jean François Montgrilliet
escuyer seigneur de Pallamin, lequel de
son bon gré say faisant et bien advisé à
ascencé et remit par rentes à Benoist
Battalliard et Clauda Ballet mariés
Oussiaz desmeurant à Autherive, icelle
Ballet procédant de l'authorité dudict Battalliard
son mary, icy présents et acceptants, à scavoir
les moulins et battoir dudict Autherive
appartenant audict Sieur de Pallamin, avec
d'iceux leurs roues rouages meules
artifice, édiffices outils, cours, des cours
d'eaux, droits de mouteure et batteures
accoustumés et denrées, appartenance et
despendances, comme encore la maison
audict Autherive. Et c'est pour le
temps et terme de cinq anées entières, ce
jourd'huy commencants, à tel jour finissants
moyennant la quantité de trois
cents bicherées Bled meslés, de cinquante bicherées
Froment mesure d'Ambronay pour chacun
an, à compter de quoy ledict
sieur de Pallamin confesse avoir heu et
receu au jour proche passé desdicts mariés
Battalliard quatre cent cinquante bicherées
meslés et cent bicherées De froment dicte
mesure, de par advance sur lesdictes cinq
années esgalement** de sorte qu'il restera
à payer pour chacune deux cents et dix bicherées
meslé de trente de froment que lesdicts
admodiateurs promettent payer audict Sieur
de Pallamin, scavoir dix sept bicherées Et demy
meslés chacun mois, et deux bicherées Et demy
froment aussy chacun mois pendant le
cours de la présente cense, revenant à
la quantité cy dessus par an de deux cents
et dix bicherées Meslés de trent bicherées De froment
dont le premier paiement se fera au
premier jour de may prochin, à peyne
de tous despens dommages et intérest
obligeant ledict Battalliard sa personne
et tan luy que sa fame tout et
un chacune leurs biens l'un pour l'autre
de l'un d'iceux seul pour le tout sans
divisions, oultre lequel prix et soumission la
mesme obligation ils paieront annuellement
audict sieur de Pallamin deux cents oeufs
de poule, pour quatorze poules qu'il
leur a... lesquelles ils luy rendront ou
le mesme nombre en fin du présent cense.
Reservé encore les mouldures et battures
de grains et chanvre pour l'esaye de
la maison de famillie dudict Sieur, et de
celle de Georgy Poncet sans rien payer.
Répareront iceux admodiateurs
dès à présent la tourne des Combes en y
mettant une pièce de bois que ledict Sieur leur
permet de prendre dans son bois à la Routte
et moyennant trois livres tournois qu'il leur
payera en faisant ladicte réparation.
Convenu que toutes réparations à faire
auxdicts moulin, battoir et despendances pendant
lesdicts cinq ans, seront faictes par lesdits
admodiateurs pourvu que chacune d'icelles
réparations ne surpassent trente sols, et
lorsqu'il sera nécessaire d'en faire d'autres
qui surpasseront lesdictes trente sols, elle
demeureront à la charge dudict Sieur
de Pallamin et d'y pourvoir diligeamment
et en effect chacun d'iceux de ce qui les concerne
pour éviter abbeus dommages et intérests
que lesdictes parties pourraient produire l'une
contre l'autre. Et sy pendant le temps
susdict, ledict Sieur de pallamin venoit à
vendre lesdicts moulins et battoirs, il ne
sera tenu à aucun dommage ny intérest
envers lesdicts mariés Battalliard, fault de
jouissance desdicts moulin et battoirs. Et audict
cas, ils ne seront tenus de payer sinon à
proportion du temps qu'ils auront jouy
conformément aux termes cy dessus, et
estre tenu non plus ledict sieur de
Pallamin à des dommages, rembourser ny
tenir compte de l'advance cy dessus constituée
sur lesdictes cinq années, par ce qu'ils en sont
ainsy desmeurés d'accord à la conclusion de la
passation de la présente cense ainsy que tous
le déclarent et affirment. Déclarent
aussy que lesdicts moulins et battoirs,
et granges appelés « la maison du meusnier »
leurs artiffices, meules, roues et rouages
sont en bon estat, et ainsy lesdicts admodiateurs
se chargent de les bien conduire et habiter
les bastiments desdicts lieux et ladict *grange en
père de famille et sans y commettre abbeu.
Ne reste que de faire retourner ledict
moulin, de refaire la carrière de la muraille
qui est dessous la grande chanée dudict
moulin, et reprendre la muraille adjointe audict moulin
du matin où est la grande roue, attendu
que ladicte muraille c... et menasse déjà
de tomber. Lesquelles réparations aux divers
lieu mentionnées ledict sieur de pallamin
fera faire dès à présent, mesme que la
thuile et lattes nécessaires pour ledict
couvert sont dans ledict moulin et prestes
à employer. Pour les marteaux de fer
dudict moulin, il y en a six avec une
masse de fer pesant le tout ***. Et parce
qu'il est nécessaire de lever plus haut et en
dosdâsne le pavé de tout le pont de la
pallud pour empescher que l'eau ne sy escarte
et sorte de son cours, lesdicts admodiateurs
feront ladicte réparation düement aussy
dès à présent, moyennant quatre livres
tournois que ledict Sieur de Pallamin leur paiera
lorsque la réparation sera faicte. Promettant
au surplus, lesdictes parties d'avoir agré le
contenu au présent contract de cense, et
au contraire, mesme chose lesdicts mariés
Batalliard de rendre en estat les outils desdicts
moulin et battoir à la fin de ceste cense
à peyne que dess... obligeant respectivement
tous leurs biens ****submissons renonciations
et clauses requises ; faict à Autherive
où je me suis transporté dans la
maison de pierre Orset le jeune, en présence
de claude Orset Maistre tailleur d'habits
dudict lieu, et Louis Perraud aussy dudict
Autherive, tesmoins requis qui ont signé avec
ledict sieur de Pallamin et non lesdicts Battalliard
et Ballet pour ne scavoir enquis. * dont il se
contente de ladicte quinte - ** maison et -
*** et attendu la présente cense, lesdictes
parties ont cassé, résolu et mis à néant
la convention entre elles cy devant faicte
pour regard desdicts moulins et battoir que ledict
Batalliard tenoit à gage et salaire acte
par moy rendu, sauf audictes parties de
compte et satisfaicts à qui sera deubt pour
ce regard ; ut supra -**** treze livres ; ut supra
 
De Montgrilliet Orset
de Pallamin L. Perraud
et moy Notaire Tabellion Royal recevant Fornier
 
[ut supra = comme ci-dessus]
Le Sieur de Palamin décède au printemps 1661. Sa veuve, Marie de Montferrand, nommée tutrice de ses filles, doit gérer leurs biens hérités de leur père19, mais aussi rembourser les dettes. Ainsi est-on obligé de faire appel en 1661 aux maîtres maçons Jolitot et Levat, venus de la Marche en Limoges, pour reconstruire au plus bas prix le mur ouest du moulin. Ces précautions sont insuffisantes, car les moulin et le battoir d'Hauterive font l'objet d'une subhastation20 au banc de Cour de la Justice de Varey, et sont adjugés à Maître Anthelme Perret de Pont-d'Ain le 24 février 167121 qui finance par emprunt avec l'aide de son père et ses oncles. L'année suivante, les nouveaux copropriétaires, François Pierre, Claude, Philibert et son fils Anthelme Perret, font dresser un acte d'état des bâtiments dont les réparations à engager avant le passage d'une nouvelle cense sont considérables. Tout est usé et hors d'usage, sauf l'arbre du battoir et la pierre farinière du moulin et la corde. Il n'y a pas de barteau ni de barteloire22, le pas et la grenouille23 du moulin sont à changer ; si l'anile24 et les tourrollionets sont corrects, l'arche25 et sa serrure ne valent rien. Les chanées26 sont en assez bon état, de même que leur thou ou palles27 y joignant. Les meules sont bonnes, sauf que l'une est rompue. La course du battoir en bois est inutilisable. Le couvert du moulin a besoin de rénover avec des tuiles neuves. Il y a une douzaine de planches de chêne à changer à la prise d'eau. Il apparaît clairement que depuis la disparition de Jean-François de Montgrillet, l'entretien a été négligé. La veuve, tutrice des ses enfants est convoquée à la visite, mais elle ne s'y présentera pas. Le délai de remise en état reportera l'arrivée d'un nouveau fermier jusqu'en septembre 1673. Le contrat d'amodiation sera passé avec Philibert Bataillard et Marguerite Poncet Goyet sa femme, pour un montant annuel de 159 livres tournois28.
roue_moulin-hauterive-1.jpgCependant, en 1675, les biens des dites demoiselles de Palamin, consistant en pré, tourne, moulin et battoir situés à d'Hauterive, tenus par les frères Perret de Pont-d'Ain en subhastation, sont à présent en possession de Maître François Cozon d'Ambronay, conseiller et procureur du Roi en l'Election du Bugey et Gex, tant par hypothèque des dites demoiselles que par subrogation des dits frères Perret par contrat du 6 février reçu par Maître Boguet notaire royal.
Aussi, le 17 mars 1675 les demoiselles Catherine et Marie Anne de Montgrillet, autorisées de Mlle Marie de Montferrand, leur mère et curatrice, et avec elles Maître François Cozon, baillent en amodiation le moulin et le battoir à Honnêtes Pierre et Joseph Orset, père et fils, et à Philibert Bataillard et sa femme, tous du village d'Hauterive29. Et du chef des demoiselles « est baillé et remis auxdits Orset et Mariés Bataillard, tous les autres biens qu'elles possèdent rière le Mandement de Varey, en quoi qu'ils consistent, à la réserve de leurs bâtiments, situés audit Hauterive et du jardin y joignant du côté du soir, jouiront néanmoins iceux fermiers, conjointement avec lesdites demoiselles de la grange appelée la « grange neuve » ainsi que du cours, et en particulier de deux autres granges, l'une appelée la « grange du bœuf » et l'autre la « grange des vaches », comme aussi du colombier et du jardin y joignant, et même tout le reste des bâtiments, sauf de la maison, de l'étable des chevaux et du bâtiment destiné aux poules, où ils n'auront rien à faire. Se réservent encore, lesdites demoiselles leur chenavier de derrière chez Gaspard Goyet, qu'iceux fermiers seront tenus de labourer, cultiver, méliorer et ensemencer à leurs frais, annuellement durant le temps de cette ferme, sans que lesdites demoiselle soient tenues d'y rien fournir, que les semences et le....nécessaire. De plus elles se réservent tous les saules et peupliers qui sont dans leur propre fonds. Et seront tenus lesdits fermiers de planter tous les plançons de saule et jeunes noyers qu'elles leur remettront aux endroits et places nécessaires. Jouiront iceux fermiers de tous les fruits et arbres des dits biens, sans toucher au bois que lesdites demoiselles se réservent ; jouiront aussi des bois de chastaigners de La Routte sans se pouvoir servir du bois que pour les clostures desdits biens, et y approprieront duement les jeunes chastaigners et chesnes qui y croistront et demeureront annuellement durant ladite ferme avec bois et chastaignes audites demoiselles après le récolte ». La durée du bail est de six ans et le montant annuel de 580 livres tournois qui serviront à rembourser la mise du Sieur Cozon.

Famille Dubreuil

A l'âge de 19 ans, Marianne de Montgrillet célèbre son mariage en l'église de Vaux-en-Bugey le 6 juin 1679. Son mari, Louis Marin du Breuil, écuyer, seigneur de Saconnay (~1654-1706), devient propriétaire du moulin, sa femme l'ayant probablement apporté en dot. Sa sœur, Catherine de Montgrillet, se mariera à l'âge de 47 ans en 1698 à Philibert du Louvat de Champollon, et décédera à Vaux-en-Bugey en 1717.

 
En 1689, le montant du loyer se monte annuellement à 270 livres. Le fermier est Benoît Mayet de Nivollet30. Vers 1700, le meunier est François Jacques31.
Louis Marin Dubreuil est inhumé le 21 septembre 1706 en l'église de St-Jean-Le-Vieux. N'ayant pas de descendant, il avait désigné son frère Claude comme héritier de tous ses biens d'Hauterive. Noble également, et absent car au service du Roi, les scellés sont posés sur ses meubles par la Justice Royale du bailliage de Belley32.

Famille Desgrillet

Ces biens sont ensuite cédé à Noble Jean-François Desgrillet, écuyer, qui baille les moulin et battoir en 1710 à Anthelme Bigot Grillet de St Jean le Vieux pour 300 livres, plus 6 chapons, 6 journées de travail et 1 cochon par année33.
Les Desgrillet sont seigneur de la Sardière près de Bourg-en-Bresse, Jean-François est le fils de Joseph. Il épouse Françoise Gallien de la Chaux de Saint-Jean-le-Vieux le 13 avril 1722.
De nouveaux fermiers, Anthelme Billon et sa femme Marie Orset, s'installent en 1725, pour 330 livres annuelles34. Les propriétaires habitent au village de Saint-Jean-le-Vieux, et à partir de 1733, leur maison « de la Sergatière », est louée à Honnête Claude Orset, marchand, et sa femme Bernardine Crochat.
 
Comme ses prédécesseurs, Jean François Desgrillet doit intervenir en 1734 pour faire cesser l'utilisation anarchique des eaux du canal de Sècheron par le fermier du seigneur de Champollon, dérivée dans les rouissoirs du pré de la Raisse35. Malgré tout, les contrats d'amodiation se renouvellent régulièrement jusqu'au décès de sa femme.
 
Le 22 avril 1742, Antelme Billon, maître charpentier, et Marie Orset sa femme, contractent un bail de neuf ans à pour 24 livres d'étrennes et la somme annuelle de 430 livres, plus chaque année 6 chapons paillés, 6 journées d'homme charpentier à la convenance du propriétaire, et la mouture de tout le blé nécessaire à la maison Desgrillet, dont ils ramèneront la farine à Saint Jean le Vieux36.
Le 12 septembre 1751, Antoine Janet, maître charpentier de Brénod, meunier résident à l'Abergement de Varey, prend à ferme le moulin et le battoir à grain pour 9 années, à compter du 7 mars 1752. Le bail comprend aussi une maison, et une pièce à coté, ainsi que des écuries, une « boutique » (l'atelier), les pourpris37 joignant la « grande la maison » des Desgrillet, c'est à dire l'ancienne maison noble appelée aussi des Sergatières38, et une chènevière située aux Serpolières. Le 5 mars 1752, avant la prise de possession des lieux, Antoine Janet en fait dresser l'état39.
meuleton_cannele.jpg
Meuleton cannelé du battoir
Le moulin reste classique : il ne comporte qu'une seule paire de meule actionnée par un roue hydraulique, ses rouet et lanterne et son « arbre molandier »; Il y a aussi un coffre à bled, des marteaux à « enchappeler » (remettre en état par piquage) les meules, une petite presse pour soulever celle de dessus et un gros marteau appelé têtu, une poulie et une corde de chanvre, appelée câble, pour le levage de la meule. La maison du meunier, séparée du moulin, comprend la boutique de charpentier et la grange à vache ou écurie au rez-de-chaussée, une cuisine avec placard et une chambre au premier étage, un grenier au dessus. Un poulailler à côté et une auge à pourceaux pleine d'eau au fond de la cours.
Charles Janet et son fils, qui se marie le 7 juin 1753 avec Antoinette Billon de Jurancieu, tiennent le moulin ensemble.
Jean-François Desgrillet décède à l'âge de 75 ans le 29 juillet 1755. Sans descendant, c'est Françoise Galien de La Chaux, sa femme, qui hérite de ses biens. Elle accorde en juillet 1759 le bail suivant à Jean Marin Sibuet40, charpentier originaire de Maly, et à sa femme Anthelmette Dufour, déjà meuniers au moulin de St Jean le Vieux. Ce bail anticipe de plus de deux ans, puisque l'entée effective incluant leurs enfants, Charles et André, est prévue pour le 7 mars 1761. Le montant du loyer est de 500 livres par an et un versement unique de 2 Louis de 24 livres en étrennes. Dans les conditions d'utilisation, il est précisé que le battoir ne devra servir qu'à écraser des grains, à l'exclusion de chanvre, écorce, briques et tuiles, afin de ne pas endommager l'artifice. En outre, les meuniers devront moudre les blés consommés par la propriétaire et lui fournir 120 livres de chanvre teillé chaque jour de Noël. Il leur est également demandé d'assurer la conservation des eaux des canaux dont ils ont la charge d'entretien.
Effectivement, rendez-vous est pris le 5 mars 1761 pour dresser l'acte d'état des biens amodiés, en présence de l'ancien meunier Charles Janet, Jean Marin Sibuet et ses deux fils Charles et André41. Deux experts sont aussi présents : Jean Baptiste Bataillard, meunier de Neuville, et Claude Nicoud, meunier d'Allement. On s'accorde sur les réparations à effectuer dans le moulin. On constate que des galeries et un escalier ont été construits contre la maison du meunier pendant le dernier bail.
André Sibuet prend la direction de l'établissement vers 176442, année de son mariage avec Marie Anne Revel. Un nouveau bail est signé en 176743 pour un loyer de 540 livres et 120 livres de chanvre teillé.
En 1776, Françoise Galien de la Chaux remet sa maison des Sergatières à Jean et Claude Billon. Son moulin est maintenant dirigé par Jean Battaillard et Claudine Lyathod, dont le bail est reconduit le 19 janvier 177744 avec anticipation à compter du 7 juillet 1779, pour 600 livres et 120 livres de chanvre teillé. Mais Françoise Galien de la Chaux décède à l'âge de 95 ans le 30 juin 1777.
Son testament de 1762 et le codicille de 177545 désignent son neveu Jérôme François, héritier universel, mais le moulin ne restera pas dans la famille Gallien, et sera acheté par Claude Louis Orset de la Tour, après que Jean Bataillard décède accidentellement, écrasé par sa charrette dont il a chu.

Famille Orset de la Tour

Claude Louis Orset de la Tour décède le 20 décembre1796. Ses héritiers reçoivent du moulin en indivision. En 1802, le meunier Jean Marie Bataillard se plaint du manque d'eau au moulin d'Hauterive, et fait constater les abus de prélèvement des rouissoirs en amont46. Possédé ensuite par Jacques Orset de la Tour, entrepreneur des tabacs à Bourg-en-Bresse, le moulin est vendu en 1826 à Barthélemy Noé Dervieu, baron de Varey47.

Barthélemy Noé Dervieu 

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Superposition des cadastres rue des Vieux Lavoirs
Celui-ci, habitant à Genouilleux, son intendant de Varey, Etienne Barras, est mandaté pour faire l'acquisition. L'acte décrit un « moulin à bled et à farine jaune, un battoir et un pressoir à huile, le tout contigu et confiné, au levant par le pré Juillet qui fait partie de la présente vente, au couchant par une place publique ». La maison du meunier, n'est pas attenante au moulin comme actuellement : l'emplacement est encore vierge à cette époque, mais c'est « une vielle maison servant d'habitation au meunier confinée au nord par un chemin public, au midi par le hangar appartenant à Jean Marie Bataillard », avec « un poulailler dépendant de ladite maison, confiné au nord par une cour». Cette « maison du meunier » est citée dans les baux dès le 17ème siècle. Jusqu'en 1841, le meunier sera Claude Quinson qui connaîtra un nouveau propriétaire à partir du 30 mars 1839.

Bernard Henri Rey

Bernard Henri Rey, agent de change à Lyon, place une partie de sa fortune dans l'achat du moulin qui lui assurera quelques revenus complémentaires. En 1841, une crue de l'Oiselon détruit la prise d'eau abusivement surélevée et en mauvais état48. Un règlement d'eau est établi par ordonnance datée de février 1843. De nouveaux meuniers, Jean Baptiste Sibuet et Marie Alexandrine Jambon sa jeune femme, sont arrivés depuis peu de temps.

Famille Sibuet

Cette famille restera à Hauterive jusqu'en 1901. Jean Baptiste devient propriétaire en 185349 pour la somme de 20 000 francs et tient la petite usine jusqu'à sa mort en février 1883. C'est probablement lui qui fait construire le moulin à l'anglaise50 dont reste le beffroi, conçu et fabriqué par l'atelier de construction mécanique des frères Mignolet de Saint-Amour. Cet atelier créé vers 1863 aurait été détruit par un incendie en 188851.
Sa femme et son fils Joseph, marié à Marie Françoise Emeyriat, lui succèdent, mais c'est la mère qui a autorité sur les cordons de la bourse. Elle meurt en 1897 et trois années plus tard c'est la faillite. Le moulin, les bâtiments, terrains, dépendanceset accessoires sont saisis et mis à la vente aux enchères chez Maître Boissonet le 25 novembre 1900. L’adjudicataire est Claude Fémelat, propriétaire cultivateur à Jujurieux.

Claude Fémelat

L'état des lieux dressé le 1 janvier 1901 avec l'aide des experts Louis Angelin Garnier, meunier demeurant au village de Saint Jean le Vieux, et François Lingot, menuisier mécanicien de La Route, réparateur habituel des moulins locaux. Les différents éléments qui le composent52 y sont énumérés :

« Au rez-de-chaussée du moulin, pièce éclairée de deux fenêtres et une porte au soir et communiquant avec une remise au nord par une porte sont installés :
  • Le moteur mécanique du moulin, beffroi et mécanisme complet et commencement des élévateurs, un tuyau de descente carré en bois sapin ;
  • Une caisse en sapin servant de récipient pour la farine brute et grossière ;
  • Quatre courroies en cuir servant à la machine à battre ;
  • Deux courroies en chanvre et coton ;
  • Un tamis à main ;
  • Une brouette porte-sacs ;
  • Une bascule pesant jusqu'à 300 kilos ;
  • Une grande caisse en bois pour la farine jaune ;
  • Il est expliqué ici, sans pour cela qu'il y ait lieu à réclamation envers Mr Sibuet, que la denture de la roue couronne et du rouet est mauvaise.
  • Un couloir un bois et tôle pour la farine.
  • Sous la remise communiquant avec le moulin, deux portes, l'une au levant, l'autre au couchant, il s'est trouvé :
  • Une meule démontée, en pièces ;
  • Un chariot compris dans la saisie immobilière ;
  • Dans la cave communiquant avec la remise qui précède, éclairée par une fenêtre au couchant et un soupirail au matin :
  • Un saloir en pierre ;
  • Les marchons pour les tonneaux, au dehors, du coté du matin ;
  • La roue hydraulique du moulin, cordon et bras en bois, en tôle, cerclée en fer à chaque extrémité, d'un diamètre de quatre mètres environ, en moyen état ;
  • Une autre roue toute en fer, actionnant la batteuse, un battoir et la scie circulaire qui n'est pas en bon état ; Le canal [entre] de la roue à la maison Bataillard est en ciment avec poutrelles en fer, bon état ;
  • Dans la pièce dite aux roues d'actionnement, éclairée par une fenêtre et une porte, il s'est trouvé :
  • Une roue motrice et engrenage de transmission, denture en bon état, sauf celle du rouet ;
  • Un arbre vertical et la couronne, son pignon, deux poulies, un dessus en pierre dit buttoir au meuleton complet en bon état ;
  • Une meule à aiguiser et poulie en fonte et son montant, le tout en moyen état ;
  • Un banc en bois et ses boulons servants à scie circulaire en moyen état ;
  • Dans un hangar au matin des moulins, il s'est trouvé au rez-de-chaussée:
  • Le vannoir de la batteuse en mauvais état ;
  • Un char suisse et son tombereau, compris tous deux dans la saisie ;
  • Un banc à scie circulaire complet et une scie en bon état ;
  • Une roue servant à mettre en mouvement cette scie circulaire ;
  • Dans un autre hangar, à coté du précédant, deux wagons à « balouf » et la couverte complète d'un chariot, ces deux objets compris dans la saisie ;
  • Dans la cours devant l'écurie au matin :
  • Un volant servant à la locomobile ;
  • Dans l'écurie avec porte et fenêtre au matin :
  • Des divisions en bois faisant trois boxes à chevaux ;
  • Un trévent[?] ;
  • Un cheval bai-brun, âgé d'environ 18 ans, compris dans la saisie ; Les harnais du cheval : deux sellettes, une paire de trait, une sous-ventrière, le collier,, le tout allant avec le cheval ;
  • Dans un petit bâtiment sis dans la cour :
  • Les brancards de la locomobile dont l'un est cassé ;
  • Au premier étage où se trouve le vannoir :
  • Une batteuse complète plutôt en mauvais état que moyen état ;
  • La cheminée de la locomobile en mauvais état ;
  • Une caisse pour couvrir et garantir les courroies ;
  • Au rez-de-chaussée dans un petit hangar, à coté du précédent il s'est trouvé :
  • La locomobile système Gérard, Société Française de matériel Agricole à Vierzon, les courroies sont au rez-de-chaussée du moulin ;
  • Dans une casemate au rez-de-chaussée attenant à la pièce du moulin plus haut décrite, il s'est trouvé :
  • Les tuyaux de descente en bois des nettoyages et déchets,
  • La chambre à poussière ;
  • Au premier étage dans la pièce éclairée par trois fenêtres au soir, porte de communication avec les appartements et escaliers allant du rez-de-chaussée aux étages supérieurs ;
  • Un convertisseur à quatre cylindres complet et courroies de transmission et de commande
  • Un broyeur à quatre cylindres ou rouleaux avec courroies et, aux deux appareils à chacun ses boisseaux, arbres de transmission, courroies ;
  • Un moulin à farine jaune complet ;
  • Une poche ou empochoir à farine ;
  • Un nettoyage à blé complet avec courroies de transmission ;
  • Une échelle escabeau ;
  • une poche à farine ;
  • Une bascule pesant jusqu'à 300 kilogrammes, et à laquelle il manque un poids ;
  • Deux couloirs en bois pour le son ;
  • Une pelle à empocher les sacs ;
  • Une brouette à sacs ;
  • un balais-brosse en crin ;
  • Une potence à lever les meules, à deux cercles, ses quatre chevilles en mauvais état ;
  • Au deuxième étage, les chambres à farine, le tout en bois, arbres de transmission, poulies et courroies ;
  • Une corde monte sacs, du rez-de-chaussée au sommet ;
  • Bluterie à son ;
  • Deux pelles en bois pour la farine ;
  • racloir à farine en bois ;
  • Au grenier :
  • Une bluterie centrifuge
  • Un extracteur, un diviseur, monte-sacs, le tout complet avec poulies, courroies et arbres de transmission ;
  • Une brouette à sacs ;
  • Dix-huit marteaux plats neufs ;
  • Douze pioches à piquer les meules ;
  • Cinq marteaux pointus ;
  • Une règle en bois pour dresser les meules
  • Un régulateur en fonte qui sert pour dresser les meules ;
  • Une mesure en bois double décalitre, une autre de un décalitre ».
Claude Fémelat conduira le moulin de 1901 à 1906, puis l'avoué César Hugonet de Nantua en fait l'acquisition pour l'amodier de nouveau.

César Hugonet

A présent, les meuniers sont Eugène Floutet et Angélique Frézard sa femme. Ils ont trois employés : le charretier Léon Moine, les domestiques Claude Arban et Claudia Mernin.

François Ribod

En 1921 François Ribod, meunier originaire d'Ambronay, rachète le moulin et y installe une famille originaire de Saint-Paul-de-Varax : François Duclos, sa femme, et son père. Puis c'est le tour de la famille Ruffier venant du moulin de Conand, en 1925. François Ribod transfère la roue hydraulique du battoir et de l'huilerie désaffectés, au moulin « d'en bas » d'Ambronay, qu'il vient d'acheter.

 
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Bâtiment incendié - Cliché C. Ruffier

Famille Ruffier

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Support du moteur diesel
Alphonse Ruffier et sa femme Marie Louise Pidoux, bressans d'origine, ayant enfin trouvé un point de chute à leur convenance, décident l'acquisition de l'établissement en 1929.
En 1945, l'unique roue hydraulique actionne encore la paire de meules restant en fonction pour les gaudes. La batteuse installée sous un appentis construit coté nord de l'ancienne huilerie est mue par un moteur diesel placé à l'aval de l'ancienne roue hydraulique. Au décès d'Alphonse Ruffier, en 1948, sa femme prend la direction du moulin. Mais dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 septembre 1955 un violent incendie se déclare au dernier étage, provoquant d'importants dégâts au moulin et à l'habitation jointive.
La petite minoterie sera remise en état avec quelques améliorations dont la plus caractéristique est le remplacement des transports mécaniques par un système pneumatique. Ce changement ne rendant plus indispensable le dernier niveau situé dans les combles, on abaisse légèrement la toiture couverte en plaques d'amiante-ciment.

Famille Guillon

En 1960, Armand Ruffier cède l'affaire à Jean et Roger Guillon.
Lorsqu'ils s'installent le 1er avril 1960, les principaux organes sont les suivants :
  • 1 trieur-nettoyeur Lhuillier ;
  • 2 machines à cylindres53 Lacroix : un broyeur et un convertisseur double monté en 8 passages ;
  • 1 plansichster54 BRN.
    En 1968 s'installe du matériel moderne, principalement :
  • 1 nettoyeur ;
  • 1 broyeur et 1 convertisseur de 60 cm (2 passages de 30 cm) de marque Lafon ;
  • 1 nouveau plansichster.
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Beffroi du 19ème siècle - Cliché J. Ruty

Malgré ces efforts, le moulin d'Hauterive subit le sort des petites minoteries, qui ne peuvent se maintenir, face à la concurrence de la grande industrie. Les frères Guillon se séparent en 1988 et l'activité s'arrête définitivement dans le début des années 1990. Tout le matériel est vendu, sauf le cœur du vieux moulin : son beffroi55 du 19ème siècle, avec ses socles de pierre ouvragés, ses colonnes en fonte, le rouet et une partie des engrenages à denture mixte, bois et fonte.

 
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1Archives départementales de l'Ain, sous-série 7S, N°398.
2Dictionnaire du Moyen Français : remettre à un berger – Par extension : donner en garde.
3Inventaire des Archives départementales de Côte d'Or antérieures à 1790, Série B, N° 9090 (Rouleau) – Parchemin de 24m30 de long- J. Garnier, archiviste.
4Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1508, f°434. Hercule de Lyobard demeurait à Pont d'Ain en 1602 (Nobiliaire du département de l'Ain-17 et 18ème - Jules Baux).
5Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1508 , f°434.
6Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1514 , f°326.
7Montgrillet : commune de Lagnieu. Fief avec château possédé, au commencement du XVIIe siècle, par Alexandre Guinet, qui prit le nom de Montgrillet et le laissa à Hugues, son fils, écuyer. En 1789, il appartenait à la famille Lombard de Montgrillet. (source M.C. Guigue d'après les Archives de l'Ain série E) .
8D'après Samuel Guichenon. La Guerre de Trente Ans dura 1618 à 1648, et se prolongea entre la France et l'Espagne jusqu'en 1659.
9Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1566.
10Palud = marécage.
11Canal de fuite.
12Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1531, f°176.
13Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1533, f°282.
14Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1538, f°70.
15Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1538, f°115.
16Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1540, f°12.
17Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1542, f°133.
18Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1543, f°76.
19Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1545, f°125.
20Saisie et vente à la troisième criée au banc de Cour de la Justice seigneuriale, lieu des ventes judiciaires. Le banc de Cour ou banche de Cour est la « Chambre où les Magistrats municipaux, qui sont réduits dans les villages aux officiers locaux, tiennent leurs séances » - Explication des statuts coutumes et usages observés dans la province de Bresse, Bugey, Valromey et Gex – Philibert Collet, 1698.
21Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1554, f°23.
22Blutoir frappé.
23Organes composant la crapaudine dans laquelle tourne l'axe vertical du moulin.
24Pièce métallique d'entraînement à l'axe de la meule supérieure du moulin.
25Coffre couvrant les meules du moulin, servant à la collecte de la farine et fermant à clef.
26Couloirs en bois amenant l'eau à la roue.
27Pièces composant les vannes d'arrivée d'eau à l'usine.
28Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1555, f°203.
29Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1555, f°105.
30Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1558, f°189.
31Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1585, f°88.
32Archives départementales de l'Ain, sous-série 22B, 237.
33Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1787, f°63.
34Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1606.
35Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1612, f°93.
36Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1618, f°73.
37Propriété, cours clauses de murs.
38Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1627, n°127.
39Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1628, n°38.
40Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1635, n°120.
41Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1636, n°140.
42Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1638, n°222.
43Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1639, n°250.
44Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1644, n°66.
45Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1637 et cote 1643, f°90.
46Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1703, n°220.
47Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1719, n°117.
48Archives départementales de l'Ain, sous-série 7S, n°454, n°398.
49Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 1746, répertoire (minute n°41 absente).
50Système arrivé en France vers 1820, qui permet à une seule roue hydraulique d'entraîner plusieurs paires de meules (généralement 3), grâce à des organes de transmission en fonte assemblés dans la charpente du beffroi qui les supporte.
51Inventaire général du patrimoine culturel, Gil P. Duboin Jean Constant ; Journal de l'Ain du 25 juillet 1888.
52Archives départementales de l'Ain, sous-série 3E, cote 32608, n°1.
53Machines ayant remplacé progressivement les moulins à meules vers 1930.
54Mot composé provenant de l'allemand « plan » et « sichster », signifiant « tamisage plan ». Ils remplacent les blutoirs traditionnels rotatifs à axe horizontal.
55Charpente, pieds-droits, soutenant le(s) moulins(s) à meules.

Remerciements à Camille Ruffier et Jean Guillon pour leur participation.

Date de création : 03/06/2014 @ 14:57
Dernière modification : 15/03/2015 @ 14:27
Catégorie : CONTENU - CHRONIQUES
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