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En avril 1944, 9 maquisards chevronnés, 56 enfants de troupe de l'Ecole d'Autun repliée à Thol, et 49 jeunes de la région, formèrent une compagnie de maquisards appelée le « CAMP D'AUTUN ». Voici une brève présentation de la formation du camp, de ses actions de résistance dans les maquis de l'Ain, l'ensemble relaté sous la forme d'une fresque chronologique des événements.

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Ecole militaire d'Autun

FORMATION DU CAMP D'AUTUN – CHRONOLOGIE

En 1939, L’ÉCOLE MILITAIRE PRÉPARATOIRE D'AUTUN conduit les « enfants de troupe » vers les concours d’admission aux écoles de sous-officiers et d’officiers.

Devant l'avancée allemande, le 16 Juin 1940, elle se replie avec ses élèves vers Vichy, puis prend possession du Quartier CHARETON à VALENCE : elle devient l’ÉCOLE D'AUTUN. Les élèves sont âgés de 16 à 20 ans.

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11 novembre 1942 - Les Allemands envahissent la zone libre. L'ECOLE D'AUTUN devient l'ÉTABLISSEMENT D'ÉDUCATION D'AUTUN.

16 février 1943 – Avec l'application de la loi sur le Service du Travail Obligatoire, STO, tous les jeunes gens âgés de 20 à 22 ans peuvent être envoyés en Allemagne.

2 juillet 1943 - L'ÉTABLISSEMENT D'ÉDUCATION D'AUTUN quitte le QUARTIER CHARETON réquisitionné par les Allemands.

chareton.jpg

20 et 21 octobre 1943 - La rentrée des classes se fait à NEUVILLE-SUR-AIN, au CAMP DE THOL. Avant l'invasion de la zone libre, ce camp était occupé par le 10e BATAILLON DE CHASSEURS A PIEDS, qui a été supprimé lors de la dissolution de l'armée du Régime de Vichy. L'encadrement est civil, seuls quelques emplois administratifs sont occupés par du personnel militaire.

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Camp de Thol vu depuis Chenavel

11 novembre 1943 - Le défilé organisé par le capitaine Henri PETIT, alias ROMANS-PETIT, à Oyonnax fait forte impression sur les élèves. Le P.C. du Groupement Sud des Maquis de l'Ain, Bugey et Valromey, encadré par d'anciens militaires : Henri GIROUSSE, alias CHABOT et Gaston GAMBIER, alias AUGÉ, s'est installé à SAINT-JÉRÔME à la grange de BALMALON.

Janvier 1944 - CHABOD, organise les premiers contacts avec des élèves de Maths elem. Un départ de 120 élèves vers la ferme de la Montagne, à l'Abergement-de-Varey, est prévu pour le 6 février 1943.

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Ruines de la grange de Balmalon, incendiée le 11 avril 1944

Ancienne cache d'armes à Balmalon

5 février 1944 - Suite à l'attaque allemande appelée opération Caporal, sur l'ensemble du département de l'Ain, le départ des ENFANTS DE TROUPE vers la FERME DE LA MONTAGNE, initialement prévu pour le 6 février, est annulé.

8 Février 1944 - Massacre de 10 maquisards du PC départemental, sur 20 présents à la FERME DE LA MONTAGNE. 120 ENFANTS DE TROUPE y ont heureusement échappé, ainsi que les cadres en reconnaissance à PRIAY.

Ferme_de_la_Montagne.jpg

Mars 1944 - Reprise des contacts, depuis le PC du Groupement Sud installé à BALMALON, puis aux grangeons de CHILOUP situé entre SAINT-JÉRÔME et NIVOLET .

11 avril 1944 au matin - Attaque allemande du PC CHABOD à ST JÉRÔME. L'encadrement est absent, en repérage dans les BOIS de PRIAY. Coco JUHEM et le curé TIRAND sont tués. La grange de BALMALON est détruite, mais la cache d'armes n'est pas découverte. Sous le commandement de JO, les hommes se replient au Mont LUYSANDRE. Les grangeons de CHILOUP sont incendiés par l'ennemi.

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Un seul grangeon a été reconstruit à Chiloup

Nuit du 12-13 Avril 1944 - Les hommes du PC CHABOD rejoignent les BOIS DE PRIAY, premier camp au pied du château de la MONTONNIERE.

Fin Avril 1944 - 22 élèves restés à l'école pendant les vacances de Pâques prennent le maquis par petits groupes. La dynamique est lancée. Le groupe GODARD de PONT-D'AIN, aidé du CAMP D'AUTUN récupèrent le matériel parachuté par deux avions entre DRUILLAT et ROSSETTE.

attaques_allemandes.jpg ferme_montagne.jpg

Carte des attaques allemandes

Plaque commémorative du massacre de la Ferme de la Montagne

2 mai 1944 - Départ de 30 élèves pour le maquis, soit 52 jeunes en tout. C'est seulement la moitié du nombre de volontaires initial.

3 mai 1944 - Renvoi de tous les élèves manquant à l'appel. Motif « A quitté l'école de nuit sans autorisation » .

PAQUETAGE A EMPORTER

Musette modèle 1935

Toile de tente

Grande couverture

Quart, Gamelle, bidon, couvert

Les chemise, le linge de corps

Les chaussettes, le pull-over

Le short

La ceinture de flanelle blanche

Sur soi : Treillis, béret, brodequins

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Entrée de l'Etablissement d'Education d'Autun transféré à Thol

6 juin 1944 - 55 ENFANTS DE TROUPE supplémentaires prennent le maquis.

8 juin 1944 - Le professeur de philo dit « Socrate » les rejoint.

En août 1944, l'effectif total du camp est de 110 hommes : 96 ENFANTS DE TROUPE et 14 CIVILS qui les ont rejoints.

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MAZAUD, au premier plan avec ses camarades, porte la flanelle blanche autour du cou, signe distinctif pour les opérations de nuit Sac type « As de carreau » équipant le camp avant le 20 mai 1944

ORGANISATION DU CAMP

Formé à partir du 2 mai 1944 dans LES BOIS DE PRIAY, le camp devient véritablement opérationnel lorsqu'il est cantonné près de L'ÉTANG DU ROSET, d'où il opère des sabotages ferroviaires et des coups de main pour l'intendance quotidienne, préparation à des opérations plus importantes.

Commandant du camp à sa création : AUGÉ.

Adjoint au commandant : MAZAUD, puis commandant de camp, 23 ans. Au maquis depuis fin 1943.

Second de l'adjoint : Enfant de troupe COLLIGNON, alias RAPACE, adjoint au Commandant après le 15 juin 1944.

Chauffeur du camion gazogène : BOICHOD, alias la RAFLON, vient du maquis de BRÉNOD depuis fin 1943.

Responsable explosifs : MARIN, alias JO, venu des maquis de Hte-Savoie, 23 ans.

Boulanger : LACROIX, alias LA BOULANGE, 19 ans, rejoint le maquis le 24 mars 1943.

Agent de liaison féminin : VUARIN, alias ADÉE.

RÔLE DES AGENTS DE LIAISON

Le Maquis ne dispose pas de radios de campagne, mais seulement du réseau téléphonique civil, lorsque c'est possible ; sinon ce sont des personnes de confiance qui portent les messages, parfois sur de grandes distances. Aussi doivent-ils avoir les qualités psychologiques et physiques nécessaires. Ils sont très actifs durant l'hiver 1943-44. Les clandestins disposent de faux papiers afin de circuler librement.

Fausse_carte.png

Fausse carte d'identité de SIOUX, agent de liaison de MAZAUD, puis combattant dans le groupe BOROZO du 12 juin au 19 septembre 1944.

COMBATTANTS

Ils sont répartis en 2 SECTIONS, soit 6 GROUPES DE COMBAT de 8 ou 9 hommes chacun. Les noms des groupes sont les noms de guerre de leurs chefs.

- GROUPES DE LA 1ère SECTION

N°1 - LAROCHE, 24 ans, au Maquis depuis octobre 1943

N°2 – BOROZO

N°3 - SOUPE AU LAIT, 19 ans, au Maquis depuis octobre 1943

- GROUPES DE LA 2ème SECTION

N°4 – BOBY

N°5 – ZOZO

N°6 - PHARE D'AUTO

- GROUPES BAZOOKA :

- RAPACE, 18 ans et demi, élève de Math Elem

- COUSIN

ARMEMENT DES GROUPES DE COMBAT

20 fusils Lebel ou Remington Fusil_springfield_M_1903.png
6 fusils mitrailleurs Bren FM_Bren.png
2 lance-roquettes Bazooka Bazooka.png
34 mitraillettes Sten Mitraillette_Sten.png
1 mitrailleuse Hotchkiss1 Hotchkiss.png

FAITS D'ARMES DU CAMP

Carte_des_actions.png

Situation des lieux de combats du Camp d'Autun

20 mai 1944 - Attaque du Groupe Mobile de Réserve (GMR) logé à l'hôtel du Pont à Pont d'Ain. Ils récupèrent les armes et leurs munitions, et échangent leurs vieux sacs « as de carreau » avec les sacs-à-dos modernes des GMR.

6 au 7 Juin 1944 - Attaque de la Gare d'Ambérieu, avec les cheminots-résistants. Ils apprennent avec joie la nouvelle du Débarquement lors de la réunion préparatoire, le matin du 6 juin.

7 au 13 juin 1944 - Occupation de Pont-d'Ain.

15 au 17 juin 1944 - Renfort à la bataille du col de la Lèbe - Combat de Ponthieu.

24 au 25 juin 1944 - Attaque du poste de garde du tunnel de Virieu-le-Grand.

28 et 29 juin 1944 - Seconde attaque du poste de Ponthieu.

ponthieu.png Ponthieu - Ici se tenait un barrage allemand

Toutes ces opérations inquiètent l'occupant qui craint d'être pris entre le feu des Alliés et celui du Maquis.

Le 11 juillet 1944, la Wehrmacht déclenche contre les maquis de l'Ain et du Haut-Jura l'opération Treffenfeld, visant à encercler et « nettoyer » le Maquis des Haut et Bas Bugey. Dorénavant le Camp d'Autun et ses Enfants de Troupe sont sur la défensive et connaissent leurs premières pertes.

Vers 7 heures, les Enfants de troupe du Camp d'Autun postés à CHENAVEL voient déboucher du virage d'OUSSIAT un colonne ennemie : la bataille s'engage. Avec les Armées Secrètes (AS) de NEUVILLE-SUR-AIN et PONCIN, ils s'opposent à plusieurs milliers d'hommes biens équipés et armés pendant la première journée de cette opération.

Le bilan est de 7 tués et 5 blessés pour l'AS, 5 tués et 5 blessés parmi les enfants de troupe, 300 à 400 hommes hors de combat parmi l'ennemi.

En REPRESAILLES des cadres de l'Etablissement d'Education sont fusillés ainsi que des otages civils ; de nombreuses maisons sont incendiées à NEUVILLE-SUR-AIN et BOSSERON.

Enfants_de_troupe_de_Chenavel.jpg Enfants de troupe à Chenavel
Neuville_incendie.jpg Quartier de Neuville-sur-Ain incendié

Après ces événements tragiques, Romans-Petit renonce à une occupation territoriale et reprend le harcèlement de l'occupant. Ils attaquent plusieurs dépôts d'essence dont celui de RUY près de BOURGOIN-JAILLEU.

Les 1er et 2 septembre 1944, le camp est appelé en renfort pour la Bataille de Meximieux, avec les Américains arrivés par la Route Napoléon, contre la 11e Panzer Divisionen qui interdit l'accès vers Lyon, protégeant le repli des troupes allemandes refluant du Midi. Contre les chars, le bilan est désastreux : 11 d'entre eux sont tués et 15 sont blessés à La Valbonne. Le repli du camp se fait au Petit Séminaire où ils attendent un assaut final. Par chance, les blindés allemands décrochent le 2 septembre, leur mission de protection étant terminée.

Les combats sont pratiquement finis : ils se regroupent à Vaux-en-Bugey. Un détachement garde le pont de Port-Galand pendant quelques jours, puis les plus jeunes des Enfants de troupe sont démobilisés fin novembre et rejoignent l'Ecole d'Autun début décembre. La plupart des civils retrouvent leur statut. Quelques uns poursuivirent la guerre de libération en Savoie. L'épopée du CAMP D'AUTUN est terminée.

RETROUVAILLES

Dans les années 1960 les anciens camarades reprennent contact grâce au périodique La VOIX du MAQUIS.

Voix_du_Maquis-entete.jpg Manchette de 1968
Banquet_Meximieux-1966.jpeg Un des premiers banquets du Camp d'Autun

Puis, au fil des années, le groupe s'étiole : en 1992 ils ne sont plus que 71, dont 14 qui résident dans l'Ain.
 

LISTE DES SURVIVANTS RÉSIDANT DANS L'AIN EN 1992

Nom Prénom

Alias

Domicile

BOICHOT Pierre

LA RAFLE

NANTUA

BOUCLIER Joseph

MALABS

PONT D'AIN, Le Blanchon

CHALOY Albert

PLASTIC

CHALAMON

FRESNEAU Marcel

MARCEL ou PARTISAN

PONCIN

FRUCTUS Noël

?

CHENAVEL

GAMBIER Gaston

AUGÉ

PONT D'AIN

GIROUSSE Henri

CHABOT

CEIGNE

GOIFFON Jean

CADUM

PONT-D'AIN

LACROIX Gabriel

LA BOULANGE

MEXIMIEUX

MUSY Louis

BINIOU

PONT D'AIN, Le Blanchon

PEY Stéphane

PETOCHE

L'ABERGEMENT-de-VAREY

POMY Maurice

MAURICE

BOURG-EN-BRESSE

RUTY Georges

SIOUX

ST-JEAN-LE-VIEUX

SIGNORI Renée

ADÉE

CERDON

Dans les années 1990-2000, à la mémoire des camarades tués aux combats, leur Association fait édifier des stèles à Neuville-sur-Ain et La Valbonne.

Stele-Neuville.jpg stele_la_valbonne.jpg
Stèle de Thol avant sa pose Stèle de La Valbonne


 

SOURCES

  • Histoire de l'Ecole Militaire d'Autun, A Coupireau, Imprimerie Tardy, Bourges, 1962.

  • Journal de Marche du camp de l'Ecole d'Autun dans les maquis de l'Ain, Raymond Peytavi et Fernand Collignon, auto-édition, 1984.

  • Journal de route du maquis de l'Ain, Sous groupement Augé, Gaston GAMBIER, La Taillanderie, 1999. Histoire de la Résistance Armée dans l'Ain, Patrick Veyret, La taillanderie, 1999.

  • Objectif Meximieux, Général François Lescel, collection l'Histoire Proche, 2009.

  • Photos et documents privés.


1 Prise aux GMR à Pont-d'Ain, son poids prohibitif d'une cinquantaine de kilos limitera rapidement son usage.


Date de création : 15/04/2015 @ 07:16
Dernière modification : 07/07/2016 @ 07:18
Catégorie : CONTENU - CHRONIQUES
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